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Les gymnastes français à l'assaut d'une qualification olympique
LE MONDE | 31.08.07 | 15h33
L'enjeu n'est pas mince. Dimanche 2 et lundi 3 septembre, les équipes de France féminine et masculine de gymnastique tenteront de décrocher leur billet pour les prochains Jeux olympiques de Pékin. Pour cela, il leur faut terminer dans les douze premières équipes lors des championnats du monde, qui débutent, ce samedi 1er septembre, à Stuttgart, en Allemagne.
"C'est l'unique objectif", précise Jean-Jacques Eeckhoutte, directeur des équipes de France masculines. Exit les rêves de médailles individuelles des uns et des autres. Tout a été mis en oeuvre pour constituer la meilleure équipe possible. "Contrairement aux autres compétitions où l'on essaie certes de se positionner dans le concours par équipes, mais où nous cherchons avant tout à placer des gymnastes dans les finales individuelles, nous avons dû constituer une équipe de six gymnastes, capable de sortir cinq bonnes notes à chaque agrès et cela sans prendre en compte les éventuelles possibilités de podiums individuels", résume Jean-Jacques Eeckhoutte.
Médaillé d'argent européen au saut de cheval, en avril, et seul finaliste mondial en 2006, Raphaël Wignanitz n'a donc pas été retenu : "il n'était pas encore assez stable et manquait de régularité" après une blessure.
Deux chutes à un même agrès sur un total d'équipe et l'issue peut en effet s'avérer fatale. La Biélorussie, pourtant championne du monde 2001, en avait fait les frais, en 2003, en dégringolant à la 13e place des qualifications. Une situation que personne ne voudrait vivre à Stuttgart.
"ON VA SE QUALIFIER"
"Il y a de la tension, reconnaît Jean-Jacques Eeckhoutte. L'année dernière, nous avions terminé 10e et nous étions six équipes à nous tenir dans un mouchoir de poche (1,10 point d'écart entre la 7e et la 13e place)."
Même constat côté filles, où en dehors de la Chine et des Etats-Unis, qui devraient jouer en vase clos pour la course au titre, la bataille s'annonce "rude", résume en un mot Yves Kieffer. L'entraîneur national des féminines se veut toutefois serein. Il y a onze mois, lorsque l'équipe féminine avait terminé 10e des Mondiaux d'Aarhus, au Danemark, certains voyaient la déroute arriver à grands pas. "L'effectif était alors très réduit tant en nombre qu'en qualité", admet d'ailleurs Kieffer.
Cependant, depuis, trois jeunes pousses nées en 1992 (Marine Petit, Pauline Morel et Laetitia Dugain) et tout juste autorisées à intégrer les seniors sont venues renforcer les bancs de cette équipe de France en perte de leader - départ en retraite de la championne d'Europe Marine Debauve, difficile retour de la championne olympique Emilie Le Pennec, forfait à Stuttgart.
Autre point positif, et non des moindres : "Contrairement à 2003, où l'équipe était entièrement composée de gymnastes inexpérimentées, le groupe est cette année plus équilibré avec l'expérience de gymnastes comme Isabelle Severino et Katheleen Lindor", affirme Yves Kieffer. Rassuré de ne pas voir poindre d'anxiété chez ses jeunes protégées, il n'envisage pas un éventuel échec. "On va se qualifier, on est là pour ça !", dit-il. La suite qu'Emilie Le Pennec donnera à sa carrière dépendra certainement de ce résultat.
Véronique Bury