Interview d'Hamilton Sabot
Hamilton Sabot : « en finale olympique : tout peut arriver ! »
Hamilton Sabot est le seul gymnaste français à avoir rapporté une médaille des Jeux Olympiques de Londres. Il a redonné un peu de vitamines à une équipe de France qui avait été décimée avant les Jeux par les blessures. Voici notre entretien avec « Hamil », un gymnaste dont on n’a pas fini d’entendre parler.
Bonjour Hamilton, peux-tu te présenter aux lecteurs de SportLifefr ?
Bonjour à tous les lecteurs ! Hamilton Sabot, 25 ans, médaillé de bronze aux J.O de Londres 2012 en gymnastique, aux barres parallèles. J’ai commencé la gymnastique à 6 ans au club de l’OAJLP Antibes, et j’ai eu la chance d’être formé là-bas au Pôle France jusqu’à mes 18 ans. J’ai rejoint par la suite le collectif senior sur Paris à l’INSEP et participé à mes premiers Jeux Olympiques en 2008 à Pékin.
Cet été tu ramènes des J.O de Londres, la seule médaille de la gymnastique française. Quels souvenirs en gardes-tu ?
Superbe, beaucoup d’émotions et de sentiments gravés en moi, d’ailleurs on me dit souvent que ma joie était très explicite sur mon visage, j’étais tellement heureux du travail accompli et avoir la médaille en récompense, c’était ce que je pouvais rêver de mieux. Une petite amertume quant aux résultats de mes coéquipiers qui méritaient eux aussi, mais la moindre petite erreur peut coûter le podium en gymnastique. Cette médaille est la seule, elle est individuelle, mais elle a une saveur collective, car sans coéquipiers et entraîneurs, il est impossible de performer.
Tu es arrivé en tant qu’ outsider à la finale des barres parallèles (8ème qualifié), est ce que le fait d’y aller sans pression extérieure a permis de te lâcher lors des épreuves ?
J’ai de plus en plus de mal avec le mot « outsider », c’est un terme mal approprié à la situation. Il est vrai que je suis arrivé de justesse dans la finale olympique des barres parallèles, car lors des qualifications, j’ai fait une petite erreur au début de mon mouvement qui a failli me coûter ma place en finale. Conscient du niveau très élevé de mes concurrents, je savais qu’obtenir une médaille serait très difficile, mais j’avais quand même mon mot à dire, et en finale olympique : tout peut arriver ! Je suis entré dans cette finale avec l’envie de profiter pleinement de mon dernier passage olympique 2012 ; j’y étais et je me suis lâché, oubliant les enjeux et profitant de l’instant présent à fond. Je pense que cela m’a beaucoup aidé à me concentrer uniquement sur mon travail et oublier celui de mes concurrents.
Comment se sont passés les 6 derniers mois après ton retour des J.O ?
Ma vie a été plus mouvementée, on va dire ! Au départ j’ai vraiment pris cette nouvelle médiatisation comme un jeu, puis je me suis aperçu que c’était un bon moyen de faire découvrir au grand public le sport que je pratique, ma passion. J’ai été de nombreuses fois sollicité pour divers événements, et c’est agréable que la gymnastique soit mise à l’honneur, car c’est un sport qui comprend beaucoup d’adeptes, mais peu d’avisés.
Tu suis un cursus de kinésithérapie, cela t’aide à soigner ou prévenir les petites blessures des entraînements quotidiens à l’INSEP ?
Oui, je suis en 2ème année à l’ENKRE (Ecole Nationale de Kinésithérapie et de Rééducation) de St Maurice (94).
Les études de kiné m’aident à comprendre surtout ; les soins sont gérés par toute l’équipe médicale qui nous suit presque quotidiennement. J’ai toujours assez bien réussi à écouter mon corps et savoir quand je devais calmer certains mouvements pour éviter la blessure, mais il est vrai que les études de kiné me donnent un « plus » dans l’analyse et la prévention.
Quels sont tes objectifs pour cette année 2013 ?
Mon retour à la compétition sera pour les internationaux de France au Vendéspace à la Roche-sur-Yon, le week-end du 16 mars, j’aimerais beaucoup intégrer dans mon mouvement le nouvel élément que je suis entrain d’apprendre, j’espère que ce ne sera pas trop juste. Ensuite le week-end du 23 mars, s’enchaînent les championnats de France, où il serait plaisant de ramener une ou plusieurs médailles. Je manque de préparation, ces deux compétitions de début de saison m’aideront à me « remettre dans le bain ».
L’objectif principal est d’arriver prêt et serein pour les Championnats du Monde à Anvers en Octobre 2013.
Rio 2016 : un rêve ? Ou tu y travailles déjà pour obtenir une nouvelle médaille ?
Rio c’est le rêve de la médaille d’or olympique et je travaille dès aujourd’hui pour transformer ce rêve en objectif, et cet objectif en résultat. L’or olympique, c’est le travail de 4 ans, c’est une longue période qui va passer très rapidement, il faudra être prêt le jour J, et je donnerai tout pour tenter de décrocher ce titre.
Source :
http://sportlifefr.wordpress.com/2013/02/08/ham...out-peut-arriver/