A Propos du Dopage
Par le Dr Michel Léglise, vice-président de la FIG,
président
de la commission des compétitions et de la commision médicale
Document tiré de "Gym Technic" n° 38
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Les données
statistiques de la FIG et de quelques unions continentales recensées
durant ces 15 dernières années ont montré un très
faible pourcentage de contrôles positifs (moins de 1% des contrôles).
.../...
Pour
être complet, il faut citer le problème des ß2 agonists,
substances utilisées par un certain nombre de gymnastes, surtout en aérosols,
pour réduire ou stopper les crises d'asthme. Ce produit peut être
détourné mais à très hautes doses et par voie générale
comme puissant anabolisant. Dans ce cas le dosage de la quantité présente
dans l'urine est important.
Nous n'avons jamais été
confrontés à une telle situation de dopage, mais par contre nous
avons eu de nombreux cas positifs à très faibles doses et tous
les gymnastes concernés ont pu prouver, par des examens respiratoires
spécialisés et certifiés, leur besoin d'utiliser ces produits
dans les limites strictes de la réglementation antidopage.
Nous n'avons retrouvé
aucune trace d'utilisation de stéroïdes anabolisants à ce
jour dans nos contrôles en gymnastique.
Quant au produit,
l'Erythropoiétine (EPO), actuellement très médiatisé
et très dangereux utilisé exclusivement dans certains sports d'endurance,
nous n'en avons jamais retrouvé et son utilisation paraît plus
qu'improbable en gymnastique.
Si maintenant,
par pure imagination, un très mauvais génie, disons le diable,
me demandait d'oublier à la fois mon éthique médicale et
sportive, c'est-à-dire de faire fi de la santé de nos jeunes gymnastes
et répudier ce qui donne un sens à la pratique sportive, le fair-play,
si cet impossible génie du mal me demandait quels sont les produits «
efficaces » pour progresser et gagner en gymnastique... je serai très
embarrassé malgré des connaissances particulières dans
le domaine de la pharmacologie des produits dopants.
Malheureusement
ou plutôt, fort heureusement il n'existe aucun produit actuellement disponible
sur le marché qui pourrait aider à effectuer correctement une
triple vrille à la place d'une simple, (ceci pour caricaturer le propos)
ou même stimuler quelque peu le dynamisme.
Les seules méthodes
efficaces restent la qualité de l'entraînement, de l'environnement,
du suivi psychologique, médical, diététique, etc., toutes
choses bien connues des entraîneurs compétents.
Inefficaces, sans
intérêt pour nos gymnastes ces dopants le sont certes, mais les
tentations peuvent rester... quelles pourraient être ces tentations, dans
l'une ou l'autre discipline sachant que les contraintes mécaniques, physiologiques
et biologiques peuvent être très différentes d'une discipline
à l'autre. Les stimulants tels l'Ephédrine, la Caféine
n'auraient pas d'effets suffisamment dynamisants et pourraient gêner concentration
et maîtrise de l'influx nerveux. Les analgésiques réduiraient
largement les réflexes et perturberaient coordination et orientation
dans l'espace.
En ce qui concerne
les anabolisants hormonaux, outre les graves problèmes de santé
qu'ils pourraient induire, ils ne pourraient « être efficaces »
que pour développer la force pure et chacun sait que la gymnastique moderne
privilégie l'élan, le geste dynamique à l'effort statique
et à la force absolue.
On le voit, ces
tentations seraient sans objet et vaines car tous les dopants actuellement connus
ne feraient que perturber le geste gymnique.
.../...
La FIG a pris depuis
longtemps ses responsabilités ; toutes ses compétitions sont contrôlées
et au travers de l'Agence mondiale antidopage des contrôles sont maintenant
effectués hors compétition.
.../...
Docteur
Michel LÉGLISE,
vice-président de la FIG
président
de la commission des
compétitions et de la commission médicale
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